La musique : cylindre et disque plat
Introduction
Le support phonographique en musique est un levier de développement puissant et facteur d'émergence d'autres esthétiques musicaux dans son histoire expliquant son impact sur la consommation.
Le cylindre et le disque plat ; le vinyle et le compact disc ; la cassette et le mp3; et la révolution digitale vont constituer nos quatre parties. Auteur de l'article : Sosthène K.
Titre 1. Le cylindre et la recherche de standard
Le principe du phonographe et ses inventeurs
Fin XIXème siècle voit apparaître le commerce de la musique enregistrée au sens de l'enregistrement sur un support. Le français Edward-Léon Scott de Martinville dépose le premier brevet du phonautographe le 25 mars 1857.
Problème, son appareil enregistre sa voix et sa chanson Au clair de la lune mais ne restitue pas le son. C'est le commencement, des inventions se succèdent.
Création du paléophone par Charles Cross en 1877. Sa solution à l'insuffisance du phonautographe, il constate: "si l'on fait passer le stylet dans les sillons qu'il a creusés, la membrane à laquelle il est rattaché reproduit les paroles, chants et musique." Chaque invention améliore la précédente. Création du graphophone par Graham Bell en 1880.
Dans la course au standard, c'est le gramophone crée par Emile Berliner en 1887 qui gagne face au phonographe crée en 1877 par Thomas Edison et le "comment trouves-tu cela ?" voix enregistrée de son collaborateur.
Les lois de l'acoustique et des corps sonores fondent cette invention. Le phonographe se compose de plusieurs parties. Une partie comportant un cornet en forme d'entonnoir. Au bout de ce cornet, la partie diaphragme liée à une membrane au bout de laquelle il y'a une aiguille en contact avec le cylindre.
Le Cnrs dans son Inventaire des instruments scientifiques anciens dans les établissements publics décrit le cylindre " comme un manchon de cire qu'on enfilait sur un mandrin tronconique pour l'auditionner."
Les limites techniques donc commerciales
Le centre indique sa durée d'enregistrement d'environ 2 mn, la diversité des formats de cylindres tout en précisant la taille moyenne de 55 mm de diamètre et 110 mm de longueur.
Des dimensions "choisies par Edison entre 1886 et 1889 en remplaçant le cylindre en feuille d'étain par de la cire." La cire d'abeille enduite sur tube de carton fait place à la cire de carnauba( palmier du Brésil), matière initiée par Edison et adoptée par l'industrie.
Son emploi est pur ou mélangé avec entre autres de la gomme laque. La gomme laque est issue de la sécrétion d'un insecte, une cochenille asiatique. Cette évolution explique la couleur du cylindre d'abord marron puis majoritairement noire.
Une capacité moyenne de 20 lectures en raison de la fragilité du support qui est dégradé à l'usure par l'aiguille. L'aiguille où "la pointe de lecture communique directement ses vibrations à une membrane. Cette pointe est une bille en verre de 0,8 mm de diamètre, sertie et fixée à la membrane." L'aiguille se remplace soit comme tète de gravage pour enregistrer; soit comme une tête de lecture pour écouter l'enregistrement.
La partie cylindre obéit à un système mécanique actionné par une manivelle pour assurer son mouvement rotatif tout en restant fixé sur un axe de droite à gauche et ainsi permettre à l'aiguille de creuser son sillon. En situation d'enregistrement, un petit rituel, celui de chanter, parler ou jouer le plus fort possible devant le cornet.
Les sons émis dans le cornet se transforment en vibrations, se répercutent sur le diaphragme qui fait bouger la membrane de haut en bas faisant faire à l'aiguille un gravage verticale sur le cylindre. Pour écouter : dérouler l'aiguille sur les sillons du cylindre. Le cornet ou le pavillon sert de prise de voix comme de retour son. C'est le principe de reproduction sonore direct du phonographe crée par Thomas Edison en 1877.
Malgré un certain succès, le coût élevé de l'équipement et le manque de qualité sonore limitent les perspectives grand public de cet appareil.
Titre 2. Le disque plat et la consommation de masse
Le gramophone ou le phonographe amélioré
Toutefois, notons ce chiffre que nous rapporte le Cnrs de 45 millions de cylindres. Ils sortent de l'usine à Chatou de Pathé de 1886 à 1912, date de fin de production de cylindres.
Trois procédés de fabrication caractérisent ces derniers. Le premier est l'enregistrement en direct. Le second est inventé par Pathé dés 1903 comptant une centaine de brevets déposé entre 1902 et 1930. C'est la technique de reproduction pantographique.
Son brevet, peu bavard dit " un cylindre vierge est sous un burin graveur et un cylindre enregistré est sous une pointe de lecture. Toute vibration reçue par celle-ci sera communiquée via une tige en métal au burin graveur qui reproduira les oscillations sur le cylindre vierge."
Enfin, le dernier procédé emprunte au technique du moulage du disque plat par galvanoplastique.
Le gramophone crée en 1887 par Emile Berliner améliore les points de blocage du phonographe avec une différence de taille. Le disque plat succède au cylindre et apparait l'enregistrement studio et le master ou la matrice. La possibilité grâce à une matrice de reproduire autant de disque que l'on souhaite à l'inverse du cylindre qui demande autant de prise d'enregistrement que de cylindres que l'on souhaite fournir.
L'équipement a une meilleure qualité sonore grâce à son système de pavillon en forme de fleur qui amplifie le son. Il dispose d'un mécanisme d'horlogerie plus abouti. C'est à dire, la manivelle vient ici remonter un ressort qui fait tourner un plateau, réceptacle du support phonographique, le disque plat.
L'ergonomie de l'équipement, sa taille moins encombrante et sa présentation avec des formats : Phono - valise, gramophones insérés dans une valise, gramophones à moteur, gramophones meubles et des gramophones miniatures élargissent le lieux de pénétration de la musique dans la société.
L'enregistrement studio et le gravage latéral
Les ventes de disques plats supplantent les cylindres dès 1906-1907. Le gramophone marque les débuts de l'enregistrement studio. 1930 adoption du format 78 tours/minute en faveur du gramophone au dépend du phonographe et ses 88 tours/minute qui disparait la même année.
La période faste du gramophone s'étend de 1920 à 1940. Le disque plat introduit le gravage latéral en va-et-vient du stylet graveur. C'est l'innovation.
Tout comme la technique studio : elle est monopiste jusqu'en 1955. Une seule piste pour enregistrer tous les instruments. S'assurer d'une bonne répétition sinon à la moindre erreur à l'enregistrement...refaire tout le travail juste à cause de la trompette qui a fait une fausse note par exemple.
Mais l'avancée est majeure. Une limite encore à dépasser, celle de la voix.
Les fréquences trop aigues ou trop graves ne sont pas captées par le cornet. La voix ténor est la plus appropriée. Caruso, ténor, est considéré comme la star des enregistrements de cette époque. La solution arrive avec le microphone. Il débloque ce plafond de verre des fréquences.
En effet, il va reléguer au rang d'antiquité le cornet avec l'utilisation en 1925 du microphone. Le microphone entre en piste pour capter le signal électrique et donc amplifier les fréquences inaccessibles au cornet. C'est la révolution de l'électrophone avec l'apparition aussi du magnétophone.
En résumé
Cette première partie nous éclaire sur la chaîne des inventeurs du principe du phonographe. La révolution du gramophone touche à l'invention du studio. S'entend, l'enregistrement, la reproduction et la diffusion du son incluant son format 5 minutes à 5 minutes trente secondes.
L'évolution des techniques de production musicale adapte le support faisant évoluer du cylindre au disque plat, d'un système mécanique à un système électrique. Des inventions connexes à la révolution de l'électricité : la radio, la télé, le transistor. Des équipements utiles à la diffusion de la musique; l'électrophone, une version électrique du gramophone va hisser la musique à un autre niveau.
C'est l'apparition du tourne-disque ou encore du Juke-box plus visible aux Etats- unis. En Europe la première guerre mondiale et la deuxième va rythmer la vie de ce nouveau loisir. Après la seconde guerre mondiale, il va connaître un engouement porté par la société de consommation.
Le passage à l'électrique pousse le niveau esthétique, de consommation de masse et favorise la découverte d'autres genres musicaux. C'est l'ère du vinyle et du compact disc dans la période 1940-1960 (Partie 2).


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